Doux sous la main, profond à l'œil, il change de couleur quand on le caresse dans un sens ou dans l'autre… Le velours fascine depuis des siècles. Mais savez-vous vraiment comment il est fabriqué, pourquoi on parle de « 1000 raies » ou de « 500 raies », et pourquoi certains tissus qui ont l'air de velours n'en sont pas ? On vous emmène dans les coulisses du métier à tisser.

Velours côtelé 300 raies vert foncé 100% coton

Le velours, c'est d'abord une construction, pas une matière

Première idée reçue à oublier : le velours n'est pas une fibre. C'est une façon de tisser. On peut faire du velours en coton, en soie, en laine, en lin, en viscose ou en polyester. Ce qui fait un velours, c'est son poil : une multitude de petits fils dressés à la surface du tissu, serrés les uns contre les autres, qui accrochent et renvoient la lumière.

Pour obtenir ce poil, le tisserand ajoute au tissage classique (une chaîne et une trame qui se croisent) un troisième jeu de fils, qui va former des boucles ou des flottés au-dessus du tissu de fond. Ces fils sont ensuite coupés : c'est cette coupe qui fait naître le velouté. Selon que ce fil supplémentaire est dans le sens de la chaîne ou de la trame, on obtient deux grandes familles.

Velours chaîne : le velours lisse, ras, panne ou ciselé

Dans le velours chaîne, ce sont des fils de chaîne supplémentaires qui forment le poil. La méthode la plus courante aujourd'hui est le tissage double pièce : le métier tisse deux tissus l'un au-dessus de l'autre, reliés entre eux par les fils de poil. Une lame tranche ensuite ces fils pile au milieu, et l'on obtient d'un coup deux étoffes veloutées.

On peut aussi tisser le poil par-dessus de fines tiges métalliques (les « fers ») qu'on retire ensuite : sans lame, on garde des boucles (c'est le principe du velours bouclé) ; avec une lame, on obtient un poil coupé.

C'est de cette famille que viennent :

  • Le velours lisse ou ras, au poil court et uniforme, idéal pour une veste, une robe ou une pièce d'ameublement.
  • La panne de velours : un velours dont le poil a été couché dans un même sens par pression et chaleur, d'où sa brillance et son tombé fluide.
  • Le velours ciselé, où l'on alterne poils coupés, boucles et zones sans poil pour dessiner des motifs, souvent en ameublement.
  • Le velours de soie, le plus précieux, souvent avec un poil en soie ou en viscose sur un fond plus léger.

Velours trame : la naissance des côtes

Le velours côtelé se fabrique autrement. Ici, ce sont des fils de trame qui flottent au-dessus du tissu de fond, en rangées bien alignées. Une fois le tissu sorti du métier, des machines viennent couper ces flottés rangée par rangée. Les poils ainsi libérés se redressent, sont brossés, et forment ces fameuses côtes parallèles qui courent dans le sens de la longueur du tissu.

Tout se joue donc à la conception : plus les rangées de flottés sont rapprochées, plus les côtes seront fines et nombreuses. C'est exactement ce que mesure le nombre de « raies ».

Velours milleraies 1000 raies stretch vert de gris

1000 raies, 500 raies, 300 raies : ça veut dire quoi ?

Le chiffre correspond au nombre de côtes sur un mètre de largeur de tissu. Un velours 1000 raies compte donc environ 10 côtes par centimètre, un 500 raies environ 5, un 300 raies environ 3. Moins il y a de raies, plus chaque côte est large et en relief.

Appellation Côtes / cm Rendu Idéal pour
Câblé (env. 200 raies) ≈ 2 Très grosses côtes, look rétro et graphique Manteaux, vestes statement, coussins, ameublement
300 raies ≈ 3 Grosses côtes, épais et chaud Pantalons larges, vestes, salopettes, sacs
500 raies (côtelé classique) ≈ 5 Le grand classique, polyvalent et solide Pantalons, jupes, vestes, vêtements enfant, assises
600 à 800 raies ≈ 6 à 8 Côtes moyennes à fines, plus souple Pantalons ajustés, surchemises, blazers
1000 raies (milleraies) ≈ 10 Côtes très fines, presque lisse, élégant Chemises, robes, blazers, tailleurs, vêtements enfant

À retenir : le 500 raies est le « côtelé » par excellence, celui qu'on imagine spontanément ; le 1000 raies (ou milleraies) est son petit frère raffiné, plus fluide et plus habillé. Vous hésitez ? Pour un premier pantalon, un 500 ou un 600 raies est un choix très sûr.

Et ce qui n'est pas (vraiment) du velours

Beaucoup de tissus ont un toucher doux et un aspect « velours » sans en être au sens du tisserand. Rien de mal à cela, mais mieux vaut savoir ce qu'on achète :

  • Le velours de maille (velours jersey, velours stretch tricoté, minky) : le poil est obtenu en tricotant, pas en tissant. Il est très extensible, parfait pour un top ou un pyjama, mais il n'a ni la tenue ni la longévité d'un velours tissé.
  • La peau de pêche, la suédine, le molleton : leur douceur vient d'un grattage ou d'un ponçage de la surface, qui arrache de petites fibres. Il n'y a pas de fil de poil supplémentaire, donc pas de vrai poil dressé.
  • Le velours floqué : de courtes fibres sont collées sur un support. L'effet est joli, mais le poil peut s'user plus vite à la friction.
  • Le « faux-uni », à l'inverse, est un vrai velours côtelé : ses côtes sont si fines et si serrées qu'il paraît presque lisse au premier regard. Un bon compromis entre l'élégance du lisse et le confort du côtelé.

Comment reconnaître un beau velours ?

  • La densité du poil : écartez légèrement les côtes ou le poil avec le doigt. Si l'on voit beaucoup le tissu de fond, le velours est peu dense et risque de s'user vite.
  • La tenue du poil : frottez doucement l'envers avec l'ongle. Un velours bien fait ne perd pas ses poils.
  • Le grammage : autour de 200 à 250 g/m² pour un milleraies de chemise, 250 à 350 g/m² pour un côtelé de pantalon ou de veste. Au-delà, on entre dans le très chaud ou l'ameublement.
  • La composition : le 100% coton reste la référence, respirant et durable. Un peu d'élasthanne (2 à 3 %) apporte un confort appréciable sur un pantalon ajusté. Le lyocell ou le modal rendent le velours plus fluide et plus doux ; le lin lui donne un aspect plus naturel et plus sec.

Les velours qui viennent d'arriver chez nous

Nous venons de recevoir une très belle sélection de velours côtelés, du câblé au milleraies, en coton, coton stretch, coton-lin, coton-lyocell ou coton-modal. Quelques coups de cœur de l'équipe :

Comme toujours chez My Little Coupon, ce sont des fins de série en quantités limitées : quand un coloris est parti, il ne revient généralement pas.

Découvrir tous nos velours Velours côtelé et milleraies

Pour aller plus loin

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre velours 1000 raies et 500 raies ?

Le chiffre indique le nombre de côtes par mètre de largeur. Le 1000 raies (milleraies) a des côtes très fines, environ 10 par centimètre, pour un rendu souple et élégant, idéal en chemise ou en robe. Le 500 raies a des côtes deux fois plus larges, il est plus épais et plus structuré, parfait pour un pantalon, une jupe ou une veste.

Comment est fabriqué le velours côtelé ?

C'est un velours trame : des fils de trame flottent au-dessus du tissu de fond en rangées alignées. Après tissage, ces flottés sont coupés rangée par rangée, puis les poils sont brossés pour former des côtes parallèles dans le sens de la longueur.

Le velours lisse et le velours côtelé sont-ils fabriqués de la même façon ?

Non. Le velours lisse est généralement un velours chaîne, souvent tissé en double pièce puis tranché au milieu pour obtenir deux étoffes. Le velours côtelé est un velours trame, dont les flottés de trame sont coupés pour créer les côtes.

Le velours jersey est-il un vrai velours ?

Le velours jersey a un poil, mais il est obtenu par tricotage et non par tissage. Il est très extensible et confortable, mais moins structuré et généralement moins résistant qu'un velours tissé.